grande-synthe

Réalisateurs : Béatrice & Jean-Paul Jaud

 

Genre : documentaire

 

Nationalité : France

 

 

Durée :  1h30

 

 

 

Tous publics

Synopsis

 

Crise migratoire, pollution industrielle, chômage record :  la ville de Grande-Synthe (59) est un concentré de crises auxquelles l’ensemble de l’humanité devra bientôt faire face.

 

Pourtant, sous l’impulsion du maire Damien Carême, citoyens, associations et pouvoirs publics se remontent les manches  pour trouver des solutions avec enthousiasme et humanisme.

 

La ville de Grande-Synthe, aujourd’hui en pointe sur les questions de transition écologique,  devient un vrai laboratoire du futur.

 

Béatrice Camurat Jaud, réalisatrice de ce film documentaire, nous offre un regard sans détour sur les femmes et les hommes œuvrant pour une transition vers un avenir meilleur.

ENTRETIEN AVEC BÉATRICE JAUD

 

« Grande-Synthe m’envahissait de toute part »

 

Vous avez déjà produit plusieurs documentaires. Grande-Synthe est votre premier film derrière la caméra. Pourquoi avez-vous choisi ce sujet ?

 

Grande-Synthe habite mes pensées depuis que je m’y suis rendue, la première fois, en juin 2015. C’était pour la projection en avant-première de Libres !, de Jean-Paul Jaud.

 

En arrivant dans la ville, j’ai d’abord découvert un univers dantesque, avec les haut-fourneaux d’ArcelorMittal au loin, les cheminées de la centrale nucléaire de Gravelines. Visuellement, le choc a été presque aussi grand qu’à Fukushima.

 

Puis nous avons traversé la ville – ses bâtiments HLM construits à la hâte en chemins de grues dans les années 70  –, ses rues vides. J’étais sous le choc, encore… jusqu’à ce que j’arrive au cinéma. Là, j’ai rencontré des gens curieux, passionnants, cultivés, attentifs, patients, humbles, ouverts. Je suis tombée sous le charme des habitants… Je me souviens avoir noté dans mon carnet « idée pour le prochain documentaire : Grande-Synthe ». J’étais tellement séduite, indignée, bouleversée que cela m’envahissait de toute part.

 

Comment les repérages et le tournage se sont-ils déroulés ?

 

Je me suis rendue sur place durant plus d’un an, du printemps 2016 à l’été 2017. Quatre saisons, le temps d’apprivoiser le territoire et ses habitants, de me rapprocher du tissu associatif… et de faire oublier la caméra. J’ai vraiment cherché à me fondre dans le paysage.

 

Dans le lieu d'accueil humanitaire de la Linière, j’ai commencé par faire du bénévolat, en travaillant d’abord avec Utopia 56. Il n’était alors pas question de venir avec la caméra. J’ai pu commencer à filmer après, en m’intégrant à l’équipe de bénévoles du RECHO, qui tente de ramener de la vie dans les camps de réfugiés, autour d'un food truck.

 

Je n’hésitais pas à lâcher la caméra pour mettre la main à la pâte ou faire la vaisselle. Pour moi, il faut d’abord donner pour avoir le droit de filmer.

 

Quatre saisons, cela a aussi été précieux pour entrer en complicité avec les personnages principaux du film… Je pense par exemple à Damien Carême, qui a peu à peu oublié son habit de maire charismatique, pour dévoiler une personnalité sensible, avec ses failles et ses moments de doute.

Cinéma, Aubergenville, Paul Grimault, Yvelines (78)

« Il faut d’abord donner  pour avoir le droit de filmer »

 

Quelle réaction aimeriez-vous produire chez les spectateurs ?

L’envie d’agir et de se mettre en mouvement, même si la situation est difficile, voire désespérante. Finalement, j’ai la même envie depuis toujours, quel que soit mon métier – j’ai débuté comme danseuse et comédienne. Je veux toucher les gens, les mettre en mouvement, qu'ils s'étonnent eux-mêmes… en partageant avec eux ce qui m’étonne et m’émeut.

GRANDE-SYNTHE : LE COUP DE CŒUR DE BÉATRICE JAUD POUR UNE VILLE MEURTRIE… ET INSPIRANTE

 

« A Grande-Synthe, il y a un concentré de ce qui m’émeut, me bouleverse, me met en colère et m’enthousiasme » Béatrice Jaud, réalisatrice

Pollution industrielle, crise migratoire, chômage record sur fond de fermeture catastrophes auxquelles l’humanité sera demain confrontée.

 

Pourtant, en dépit de ce tableau noir, des pépites de « Beau » surgissent dans la ville. Ici, on ne se révolte pas, on ne se résigne pas non plus. Les citoyens, sous l’impulsion de leur maire Damien Carême, se retroussent les manches et inventent l’avenir. La ville, aujourd’hui en pointe sur les questions de transition écologique, devient un laboratoire du futur.

 

Un appel à se mettre en mouvement

 

C’est ce territoire, meurtri mais en résilience, que Béatrice Jaud a souhaité filmer. Pour rendre hommage à ses habitants, qui l’ont inspirée et touchée. Mais aussi pour nous donner le courage, où que nous soyons, de nous mettre en mouvement et d’agir. Une démarche concrète et sans angélisme, qui résonne avec l’actualité.

 

« Si on est renvoyé à nos éléments d’impuissance, on cultive l’impuissance », explique l’économiste Christian du Tertre, qui intervient dans une scène du film.

 

En écho, Damien Carême répond : « Inutile de se répéter 30 000 fois que le rapport de force est en faveur du capital et de la mondialisation. La question est de savoir : qu’est-ce qu’on peut faire maintenant ? ».

 

Une question qui résume à elle seule le propos et l’ambition du film.

Cinéma, Aubergenville, Paul Grimault, Yvelines (78)
Cinéma, Aubergenville, Paul Grimault, Yvelines (78)
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Cinéma, Aubergenville, Paul Grimault, Yvelines (78)
Cinéma, Aubergenville, Paul Grimault, Yvelines (78)
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Cinéma, Aubergenville, Paul Grimault, Yvelines (78)
Cinéma, Aubergenville, Paul Grimault, Yvelines (78)

LE COUPLE JAUD, CINÉASTES ET ENGAGÉS

Béatrice Jaud

 

Réalisatrice de Grande-Synthe, productrice des films de Jean-Paul Jaud

 

Saltimbanque dans l’âme, elle devient « Petit rat » à l’âge de 8 ans et reste à l’Opéra de Paris jusqu’à 13 ans. Sa passion pour la danse lui permettra de gravir les échelons et de devenir soliste, au sein de la compagnie de danse contemporaine, le Ballet Théâtre Joseph Russillo. Elle découvre ainsi le monde à l’adolescence, à travers les scènes des théâtres de la planète. Elle suivra ensuite une formation de comédienne avec Blanche Salant puis Jack Waltzer. Le cinéma et la télévision lui offriront 25 jolis rôles où elle travaillera entre 1981 et 1996 avec Dino Rizzi, William Klein, Patrick Dewaere, Jean-Louis Trintignant, Pierre Richard, Jean Carmet et bien d’autres encore.

 

Dès 1986, les problématiques environnementales la bouleversent. C’est en 1992 qu’elle commence à travailler avec Jean-Paul Jaud à la production de documentaires. A partir de 2012, Béatrice Jaud se consacre également à la distribution des films réalisés par Jean-Paul Jaud. Béatrice Jaud est toujours restée fidèle à la saltimbanque qui souhaitait communiquer, donner à ressentir et émouvoir.

 

Aujourd’hui, elle passe derrière la caméra pour réaliser son premier film et faire partager au public tout ce qui l’interpelle à Grande-Synthe.

Jean-Paul Jaud

 

Producteur de Grande-Synthe, réalisateur de documentaires produits par Béatrice Jaud

 

Diplômé de l'école Louis Lumière, Jean-Paul Jaud exerce très vite le métier de caméraman et découvre ainsi la télévision. En appliquant le langage cinématographique aux directs de télévision, il devient pionnier de la télévision moderne, en participant dès sa création à l'aventure de Canal+, pour laquelle il crée une nouvelle façon de filmer le sport et le football en particulier.

 

En parallèle, il reste fidèle à l'écologie qu'il défend depuis toujours en réalisant des documentaires animaliers et environnementaux. Ainsi, il crée pour Canal+ la série « Quatres saisons en France » récompensée dans le monde entier.

 

Au regard de l'urgence environnementale, il décide de réaliser des films pour le cinéma. En 2008 « Nos enfants nous accuseront » est un succès cinématographique. En 2010, le film « Severn, la voix de nos enfants » met en exergue des solutions écologiques pour les générations futures.

 

En 2012, le film « Tous cobayes ? » dénonce l'irréversibilité des OGM et du nucléraire. En 2015, il réalise son dernier film « Libres ! » est un hymne aux énergies renouvelables qui seules peuvent assurer la liberté énergétique de nos enfants.

ACTEURS ET PERSONNAGES

Damien Carême

 

Maire de Grande-Synthe

 

Son dynamisme sans faille, Grande-Synthe le doit à Damien Carême, un maire hors du commun.

 

Humaniste engagé, farouche militant de l'écologie, il multiplie les initiatives environnementales et sociales dans sa ville depuis 2001.

Sa priorité : redonner de la dignité aux hommes. Son engagement concerne tous ceux qui vivent à Grande-Synthe, habitants comme migrants.

30% des habitants de Grande-Synthe vivent sous le seuil de pauvreté.

 

Depuis des années, Damien Carême déborde d’imagination pour améliorer leur quotidien. Et il ne s’arrête pas là, ne supportant plus de voir ceux qui dormaient dans la boue aux abords de sa ville, il crée en mars 2016 le premier camp français  de migrants aux normes sanitaires internationales, ce qui lui a valu d’être surnommé “le maire des migrants” par la presse.

La Compagnie des Mers du Nord et ses comédiens

 

Après plus de 4 000 représentations, du Théâtre National de l’Odéon au Cirque Jean Richard, Brigitte Mounier s’installe en 1994 sur la Côte d’ Opale. Elle y crée la Compagnie des Mers du Nord en 1996 où elle met en scène et joue un répertoire d’auteurs contemporains.

 

Parallèlement, en 2004, c’est la naissance du «Manifeste, Rassemblement international pour un théâtre motivé». Ce festival de spectacle vivant et d’éducation artistique s'organise dans une démarche militante autant qu'artistique et rassemble chaque été, à Grande-Synthe et sur la côte d’Opale, des artistes internationaux venus s’exprimer au plus près de la population.

 

L'histoire familiale des comédiens de La Compagnie des Mers du Nord a traversé les frontières. Un arbre généalogique qui s’étend, au Sud, à l’Est, qui traverse

les mers.

 

Leurs parents sont venus du Maghreb, de Pologne, d’Espagne ou d’Italie, de Madagascar ou des Comores ou sont issus des gens du voyage. Ils sont Français, et s'appellent Youmni Aboudou, Caroline Desmet, Lison Graszk, Nina Lachery,  Mehdi Laidouni et Brigitte Mounier. Ils ont en eux l’espoir d’un monde meilleur,  plus juste, plus joyeux.

Les associations

 

Emmaüs Grande-Synthe

 

Initié par l’abbé Pierre, le Mouvement Emmaüs représente aujourd’hui un réseau de 285 structures qui interviennent dans les domaines de l’action sociale, de l’insertion, de l’hébergement et du logement…

 

Soit plus de 18 000 acteurs ancrés localement sur l’ensemble du territoire national. Depuis plus de 65 ans, le Mouvement Emmaüs milite pour un monde plus juste dans lequel chacun retrouve sa dignité et sa place. Laboratoire d’innovation sociale, il invente au quotidien des solutions pour lutter contre l’exclusion.

 

La Forêt qui se mange

 

L'association la Forêt qui se mange a décidé de planter une forêt comestible à Grande Synthe sur un terrain de 5300 m2 que la ville met à sa disposition.

Ce projet a démarré en janvier 2017 et l’association est active depuis fin mars.

 

L'idée est de rendre l'alimentation bio accessible au plus grand nombre et de montrer que tout à chacun peut faire pousser des fruits et des légumes de façon simple sans impact négatif pour notre environnement.

Gynécologie sans frontières

 

L'association se donne pour objectif principal, dans le cadre de la promotion globale de la femme dans la société, de favoriser l'accès à la santé de toutes les femmes en intervenant spécifiquement lors de situations de pathologie gynécologique ou obstétrique dans des pays ou des secteurs où les infrastructures sont insatisfaisantes, insuffisantes ou inaccessibles.

 

Le RECHO

Le RECHO, "Refuge - Chaleur - Optimisme" : L'association se déplace à bord d’un food-truck sur les routes d’Europe dans les camps de réfugiés afin de cuisiner pour eux et avec eux en partenariat avec des associations locales.

 

SALAM (Soutenons, Aidons, Luttons, Agissons pour les Migrants et les pays en difficulté). Fin novembre 2002, le gouvernement ordonne la fermeture du centre de la Croix Rouge qui accueillait les migrants à Sangatte. Des bénévoles se rassemblent alors pour organiser des distributions de nourriture et de vêtements et décident de fonder l’association SALAM. Aujourd’hui, SALAM est une association forte de plus de 300 adhérents, présente dans le Calaisis et le Dunkerquois (leur site Internet).

ÉQUIPE TECHNIQUE

Cyril Thépenier

Caméraman

 

Cyril Thépenier accompagne Béatrice Jaud et Jean-Paul Jaud depuis de nombreuses années, notamment sur les films “Severn” et “Tous cobaye”. Japon, Canada, Sénégal,  c’est un véritable tour du monde qu'il réalise aux côtés de la réalisatrice et du producteur.

Jean-Baptiste Jaud

Opérateur steadycam

 

Professionnel de l’image, Jean-Baptiste Jaud a apporté au film sa spécialisation en steadycam, particulièrement utile pour la réalisation des plans du carnaval  de Grande-Synthe.

Théophane Bernard Brunel

Chef opérateur son

 

Théophane Bernard Brunel accompagne le couple Jaud depuis 2015 à l'occasion du film "Libres !"(réalisé par Jean-Paul Jaud en 2015). Son implication totale l’a amené à les suivre au Japon, jusqu’au plus près de la Centrale de Fukushima.

Cinema, Paul Grimault, 78 410, Aubergenville
Cinéma, Aubergenville, Paul Grimault, Yvelines (78)

Cinéma Paul Grimault

1 avenue de la Division Leclerc

78410 Aubergenville

Tél : 01 30 90 04 19

Cinéma Paul Grimault
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